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Historique

Le CFPTS, laboratoire-conservatoire des métiers techniques du spectacle

 

De toutes les écoles de la patience et de la lucidité,
la création est la plus efficace.

Albert Camus

1974. Le spectacle vivant débat, à l’AFDAS, des futurs effets de la loi sur la formation continue (1971). Aucune école ne formant les techniciens du secteur, le SNETAS [1], le Syndicat des Directeurs de Théâtres Privés et les théâtres nationaux créent, avec l’aide du Ministère de la Culture, un centre dont la gestion paritaire engage leur responsabilité à un effort strictement ajusté aux besoins de formation du champ. Notons que tous les Conseils d’Administration du CFPTS confirmeront cette logique mais oublions les balbutiements du centre à Saint-Ouen, ses essais et erreurs de démarrage.

Le rêve qu’on a en soi, on le retrouve hors de soi
Victor Hugo

Nommé directeur en 1980, Serge Bouillon loue à Bagnolet un vaste immeuble exigeant des travaux lourds, où la profession débattra des compétences à enrichir, des qualifications à rehausser et de la relève à ouvrir. Là, le CFPTS, seul centre de formation aux techniques de sa branche, va tester ses premières formations fiables, les diversifier et les affiner.

Dès qu’en 1981 s’ébruite la valeur du stage Régie Générale, les candidats abondent, l’offre s’élargit et une équipe pédagogique diversifiée se structure. Bientôt, tout grand «pro» s’honore d’enseigner dans ce lieu animé d’un débat permanent : transferts des savoirs des métiers, «scoops» techniques, adresses capitales ou postes à pourvoir.

Routard, il n’y a pas de route. La route se fait en marchant
Antonio Machado

Années 90 - Le réseau formateurs-stagiaires du centre se déploie et le CFPTS doit aménager de nouveaux espaces : ateliers accessoires, menuiserie, serrurerie et studios son.

Ses formations initiales - lumière, son et plateau - sont homologuées au niveau III [2] en 1992, et le Ministère de la Culture lui commande un rapport sur les métiers techniques du spectacle vivant. Mission d’expertise qui débouche sur le premier partenariat du secteur dans un programme européen, de multiples projets en réseaux et une formation de deux ans aux métiers rares du spectacle. Le CFPTS devient un lieu-ressource et une référence.

Pour professionnaliser le secteur, le CFPTS convie alors ses formateurs, ces éveilleurs d’apprenants, à imposer leurs compétences dans la recherche appliquée. En 1996, le CAP Accessoiriste-Réalisateur est créé par l’Education Nationale et le centre qui reste seul, à ce jour, à proposer ce diplôme national dans le cadre de la formation continue.

Le lieu dramatique, machinerie, décors
et représentation tiennent ensemble.

Louis Jouvet 

Serge Baudouin devient directeur en janvier 1997. Le CFPTS affronte une modernité tumultueuse : esthétiques et techniques patinent alors que le chômage enfle et que les centres de formation prolifèrent. Les mutations affectent disciplines, matériels et méthodes de travail : planification annuelle, outil informatique en réseau, structuration des modèles pédagogiques, logistique des moyens techniques, etc. Et les candidats affluent : pour la seule prévention des risques, les colloques européens du CFPTS déclenchent une demande explosive.

C’est le moment où l’adhésion à la charte de qualité des organismes de formation du spectacle (1997) impose une étude rigide des termes spécifiques à la formation (normes AFNOR). Et l’année suivante, de la convention avec la région Ile de France, naît un CFA [3] géré par le CFPTS : deux ans d’apprentissage suppléent aux formations initiales et les 27 apprentis de la première promotion - régie plateau, lumière et son – sont embauchés (1999).

Lorsque sortent la loi sur la modernisation sociale et le dispositif de validation des acquis de l’expérience, le CFPTS, qui a déjà analysé les postes de régisseur général et de directeur technique dans les travaux européens sur les référentiels de métiers, fait inscrire son titre homologué de niveau III au RNCP [4].

C’est en juillet 2002 que le CFPTS devient enfin propriétaire des 5 à 6000 m2 de locaux qui l’abritent et qu’en raison des exigences transitoires de son évolution constante, il aménage et réaménage depuis plus de 20 ans.

En 2003, un nouvel organisme gestionnaire étant créé, l’AFASAM [5], le CFA s’ouvre à l’audiovisuel et au multimédia [6], et partage la responsabilité pédagogique entre le CFPTS pour le spectacle vivant et l’INA pour l’audiovisuel.

En 2004, le CFPTS engage une démarche de certification NF Service Formation.

Rêver d'un art qui serait
un enchevêtrement profond de symboles actifs

Jean Genêt

Quand il prend la direction du centre en juillet 2005, Jean-Claude Walter sait que la modernisation accélérée des techniques et de l’indemnisation du chômage induisent le bouleversement des structures du spectacle. Il oriente la recherche du CFPTS vers l’emploi, la professionnalisation et l’insertion : certificats de qualification professionnelle, diplômes, création de titres, expansion des formations en alternance [7], etc. Sans nuire, évidemment, aux actions décentralisées en régions.

En parallèle, pour l’accès aux technologies de pointe et à l’outil numérique, sont créés un secteur de formation et des locaux adaptés au déploiement de nouvelles fonctions. Ainsi, en 2007, les objectifs emploi et innovation confluent dans deux formations de niveau supérieur :

  • Administrateur de spectacle vivant, un contrat de professionnalisation favorisant l’insertion ultérieure,
  • Régisseur vidéo, pour harmoniser le travail conjoint de techniciens et d’artistes sur les technologies que le spectacle vivant d’aujourd’hui s’approprie.

Pourtant, le CFPTS transmet toujours les techniques anciennes qui persistent à servir les métiers ou qui, parfois antiques, persévèrent à souligner l’originalité d’une création. Car si un spectacle joue dans l’éphémère, le spectacle vivant joue sur la durée.

L'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir
mais de le rendre possible.
Antoine de Saint- Exupéry

En 2008, Patrick Ferrier succède à Jean-Claude Walter à la Direction du CFPTS. La même année, au terme d'une démarche de quatre ans, la marque NF Service Formation est attribuée au CFPTS pour son activité de formation professionnelle continue.

Le CFPTS s’honore d’être devenu un pôle de formation européen unique en son genre, mais partenariats et mission d’expertise y restent d’actualité car la veille pédagogique s’oriente vers l’immatériel et les chantiers sur l’international. Perspectives qu’en fonction de ses moyens, le CFPTS devrait affronter avec sérénité et pleinement au service du spectacle.


[1] Organisation syndicale de salariés majoritaire [2] Par la Commission interministérielle d'homologation [3] Centre de Formation d’Apprentis du Spectacle Vivant [4] Répertoire National des Certifications Professionnelles [5] Association pour la Formation en Alternance dans les secteurs du Spectacle vivant, de l'Audiovisuel et du Multimédia [6] 2 formations : gestion de production et documentation audiovisuelle [7] Apprentissage et contrat de professionnalisation